Dans la presse en 2019

Dépakine : le long combat de la lanceuse d’alerte Marine Martin

Le Parisien 

Très tôt, cette mère de famille a soupçonné les antiépileptiques d’être à l’origine du handicap de ses deux enfants. De nombreux témoignages et une première étude n’ont fait que confirmer ses soupçons.

La lanceuse d’alerte, c’est elle, Marine Martin. Mère de deux enfants handicapés à cause de la Dépakine, cette femme épileptique de 47 ans a déjà remporté de nombreuses batailles. Comme celle de convaincre l’agence du médicament de l’interdire aux femmes enceintes. En 2011, elle crée l’association d’aide aux parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anti-convulsivant (Apesac). Et ce n’est pas un hasard si le mot « Dépakine » ne figure pas dans l’acronyme.

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Dès le début, Marine a des doutes sur les autres antiépileptiques. « Ce sont tous des neuroleptiques. Pas besoin d’avoir fait une fac de médecine pour comprendre que s’ils agissent sur le cerveau de la maman, ils agissent aussi sur celui du bébé », raconte-elle. Elle continue son enquête.

Un rapport édifiant dévoilé ce jeudi

Maintenant qu’on sait que la Dépakine est dangereuse, quel traitement prendre ? Impossible d’avoir une réponse. Entre-temps, d’autres témoignages pleuvent. « Des parents m’écrivaient pour me dire j’ai pris cet antiépileptique et mon enfant est autiste ». Les doutes se confirment. « Je suis revenue plusieurs fois à la charge auprès de l’agence du médicament pour les convaincre de mener une étude ».

Et le rapport, qui sera dévoilé, ce jeudi, est édifiant. « On apprend qu’au moins cinq médicaments sont toxiques pour le fœtus avec des alertes très fortes sur certains. On apprend aussi qu’il n’y a pas de données sur d’autres, qu’on ne sait pas », explique-t-elle, voulant à terme obtenir un classement du plus dangereux au moins dangereux.

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Objectif : obtenir une meilleure information pour que les femmes sachent avant de faire un enfant, quel pourcentage de risque elles prennent, avec un accord signé. « On sait qu’il y a 40% de risques de troubles neurologiques avec la Dépakine mais combien pour les autres ? ». Le 14 mai, lors de son audition par l’Agence du médicament, Marine Martin demandera une réévaluation du risque au niveau européen pour les traitements les plus dangereux. Le combat est loin d’être fini.

 

Source : Le Parisien