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Santé : Dépakine, un nouveau scandale sanitaire à retardement ?

Midi Libre 

Les résultats d’une étude liée à cette polémique seront dévoilés mercredi 24 août. Depuis les Pyrénées-Orientales, Marine Martin, présidente de l’association mobilisée sur cette affaire, en détaille les enjeux.

« Et dire qu’on m’affirmait qu’il ne se passait jamais rien en août ! Pas cette année ! » Ainsi s’exprimait ce dimanche matin Martine Martin, présidente de l’Association d’aide aux parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anticonvulsivant (l’Apesac, basée à Pollestres dans les Pyrénées-Orientales), depuis l’aéroport de Singapour où elle attendait un avion. Des mots prononcés juste avant de rentrer en France, faisant référence aux derniers rebondissements relatifs à ce qu’il faut bien désormais appeler “l’affaire de la Dépakine”, cet antiépileptique qui présente des risques élevés pour la santé du fœtus.

Les révélations du Canard Enchaîné

En effet, le 10 août dernier, Le Canard Enchaîné affirmait que plus de 10 000 femmes auraient pris de la Dépakine entre 2007 et 2014, révélant que ce chiffre figure dans une étude menée par l’agence du médicament ANSM et la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAMTS). Toujours selon l’hebdomadaire, la première partie de l’étude aurait été communiquée au ministère de la Santé dès la mi-juillet mais « soigneusement cachée aux familles ». Ce qu’avait démenti le ministère, assurant que « le premier volet » de l’étude serait présenté à l’Apesac le mercredi 24 août.

Sur la sellette

Présent dans plusieurs spécialités pharmaceutiques dont la Dépakine, le valproate de sodium est sur la sellette depuis plusieurs années à cause de son risque élevé de malformations – de l’ordre de 10 % – mais également d’un risque plus élevé de retards intellectuels et/ou de motricité, ainsi que de cas d’autisme, lesquels peuvent atteindre jusqu’à 40 % des enfants exposés. 

Et Marine Martin d’attendre avec une impatience non dissimulée cette date : « On va enfin savoir, j’aimerais bien connaître leurs chiffres. Tout le monde les aura d’ailleurs, puisque dans la journée le rapport devrait être mis en ligne. J’ai toujours dit qu’il s’agissait d’un scandale sanitaire énorme. Moi, j’estime qu’il pourrait y avoir entre 50 000 et 70 000 victimes, étalées sur cinquante ans de prescription. Leur chiffre sera probablement inférieur, mais pour le grand public il sera quand même impressionnant. Ça va avoir un impact important, je pense. »

Des risques connus depuis plusieurs décennies

Alors que les risques de malformations sont connus depuis les années 1980, et ceux de troubles neuro-développementaux depuis le milieu des années 1990, ce n’est qu’en 2006 que la notice à destination des patients déconseille pour la première fois l’utilisation de la Dépakine chez la femme enceinte. Et il faudra encore attendre dix ans supplémentaires, et une forte médiatisation, pour que les patientes se voient imposer la signature d’un protocole d’accord de soins les informant formellement des risques encourus.

Pourquoi un tel délai ? Dans un rapport publié en février, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) fustigeait « le manque de réactivité » de Sanofi et de l’agence du médicament ANSM, l’Apesac n’hésitant pas à dénoncer « la complicité » de l’État et du laboratoire français.

Des laboratoires « très puissants »

La journée de mercredi sera donc aussi l’occasion pour Marine Martin de demander au gouvernement d’accélérer « la mise en place du fonds d’indemnisation des victimes, sur le modèle de celui installé pour les victimes du Mediator. Le gouvernement s’y est engagé et j’ai déjà participé à trois réunions sur le sujet au ministère de la Santé. Mais ça n’avance pas assez vite. Et puis le gouvernement doit exiger de Sanofi de participer à ce fonds. Ce n’est pas au contribuable de payer pour Sanofi qui, avec la complicité de l’État, certes, a été le premier responsable de ce scandale ! J’attends et j’espère une grande fermeté de l’État face à ce type de laboratoires très puissants », assène encore Mme Martin. Qui souhaite également qu’un logo de mise en garde pour les femmes enceintes soit apposé sur les boîtes de médicament. Et ce le plus rapidement possible.

 

Source : Midi libre 

 

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