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Dans la presse en 2016

« La Dépakine ruine la vie de nos enfants »

Ouest France 

Prise pendant la grossesse, la Dépakine multiplie les risques de malformations chez l'enfant. Les victimes tiennent une réunion nationale, ce week-end, à La Chapelle-Montligeon (Orne).

 Marie Lemesle est venue de Lochrist (Morbihan) avec ses enfants, Jade (10 ans) et Lola (4 ans), pour témoigner, avec trois cents autres personnes de toute la France, des ravages liés à la Dépakine. Édifiant.

 Quand elle avait 10 ans, Nicole, ma mère, avait des crises d'épilepsie, alors on lui a prescrit de la Dépakine, médicament qu'elle a pris pendant trente ans, jusqu'en 1994. C'était efficace. Mais on ne lui a jamais dit d'arrêter d'en prendre pendant ses trois grossesses... Ma soeur Christèle, 37 ans, et mon frère Franck, 33 ans, ont marché à 4 ans, ils ont été opérés à de multiples reprises dès leur naissance.

 Handicapés moteurs et intellectuels, ils sont en IME ou en CAT. C'est moins grave pour moi mais j'ai des malformations aux orteils, les mains palmées, une hernie à l'oesophage, mais ce n'est rien comparé à mon frère et ma soeur...

 Le plus dur à accepter, c'est de voir que mes filles sont aussi touchées : elles ont marché tardivement, la plus grande est en Ulis (classe d'intégration), a des troubles du comportement. Lola est née avec de graves problèmes au coeur et au foie, toutes les deux ont des malformations des reins.

 Jusqu'à l'année dernière, on pensait que c'était la fatalité qui s'était abattue sur la famille mais, en mai 2015, on a vu un reportage à la télévision qui parlait de personnes atteintes des mêmes symptômes que nous. D'autant que ma mère est décédée d'un cancer du foie en 2009, est-ce que c'est lié aussi ? Je pensais que mes fuites urinaires étaient liées à ma grossesse, mais le professeur qui me suit m'a dit que c'était lié aussi à la Dépakine.

 Tous les jours, au sein de l'Apesac (1), on en apprend un peu plus sur les effets secondaires. C'est terrible de voir comment la Dépakine ruine la vie de nos enfants ! L'association, c'est comme une seconde famille, on peut tout évoquer entre parents, chercher des solutions pour faire les démarches administratives, sanitaires et peut-être juridiques. Car le ministère de la Santé a compris la gravité de la situation... Le pire, c'est qu'aujourd'hui, des bébés naissent encore sous Dépakine ! »

 Source : Ouest France